mercredi 18 juin 2014

L'appel du peuple des profondeurs


 Mercredi 18

Imaginez une longue colonne qui s'insinue en frissonnant dans une grotte sise aux confins d'un beau village médiéval : Castelbouc où  règne une végétation luxuriante et légère à la fois, faite de roses trémières, de plantes saponaires et d'arbres aux noms tout aussi étranges les uns que les autres.
Imaginez des élèves déterminés tout de même, se promettant d'en découdre avec des mites et des tites  qu'ils refusent d'imaginer autrement que sous la forme d'excroissances montantes et descendantes... Ce que les vieux maîtres décrivaient sous les noms magiques de stalagmites, de stalagtites dans des histoires où les mythes bousculaient le réel...C'est dans cet espace surprenant de silence et de fraîcheur que nous fûmes entraînés, peuple des profondeurs, pour une mise en terre joyeuse et inquiète à la fois.
Le boyau qui donnait accès à un royaume mystérieux nous précipita au terme d'une lente et laborieuse reptation dans une succession de salles grandioses qui mirent un terme à notre effroi premier.
L'obscurité était totale et pourtant nos yeux se délectaient des images qui se révélaient au fur et à mesure de notre progression.
Certains d'entre nous se voyaient déjà franchir le fleuve des enfers, d'autres s'attendaient à rencontrer quelque bête protéiforme...
Rien de cela ne se produisit. Conduits par des pasteurs casqués et bienveillants, notre peuple s'enivra de la profondeur dans laquelle il fut plongé. Des exclamations se firent entendre, des chuchotements leur firent écho... Chut...Un repas singulier nous attendait : du taboulé sous vide qu'il fallait aspirer pour ne pas en perdre une miette et surtout ne pas avaler la terre humide qui recouvrait nos visages et nos mains.
Que se passait-il à l'extérieur ? Allions-nous ressortir intègres ? Ces questions furent vite balayées par le voyage passionnant qui nous conduisit jusqu'au fameux siphon, là où on nous promettait des vertiges encore plus exquis. Il nous fallut cinq bonnes heures pour y arriver. Le chemin du retour nous coûta moins d'efforts et moins de temps.
Quel bonheur de retrouver le jour, la vie foisonnante et bruyante !
Nous vécûmes une magnifique expérience. Quelques uns se promettent déjà de partir sur les pas de Jules Verne et de s'arracher à ce monde de certitudes et d'incohérences !
Merci la vie !










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